Une histoire de haricots

École élémentaire Émile Gebhart (Nancy)
CE1 - 28 élèves

 

Thème du projet : La croissance des plantes

Objectif pédagogique :
  • Mettre en évidence et comprendre les rôles mécaniques et physiologiques de la terre dans la croissance des plantes
  • Mettre en évidence et comprendre que les plantes n’ont pas les mêmes besoins selon leurs stades de développement

Sujet et problématique :
Peut–on faire pousser des haricots sans terre ?

Démarche d’investigation :
Constat :
Les enfants ont déjà fait germer des lentilles ou des haricots dans du coton. Ils ont abordé les fruits d’automne, des arbres... Les élèves ont certaines représentations sur les besoins des plantes et sur les conditions de croissance.
Questions :
"Si la mère de Jacques avait jeté les haricots magiques ailleurs que dans la terre ; ceux-ci auraient-ils pu se développer de la même manière ?"
D’une manière générale, "A-t-on toujours besoin de terre pour faire pousser une plante ?"
Réponses des enfants :
Elles sont diverses et plus ou moins argumentées.
Quelle expérience peut-on faire ?
Différents supports de cultures sont trouvés. Elaboration d’un protocole : les variables, les invariants.
Mise en place de l’expérience :
Suivi régulier, observations commentées, observation "finale" comparaison des plants.
Conclusion.

Observations :

Observation 1 :
Autour de nous, les plantes poussent dans la terre, à la maison ou dans le jardin, dans la cour, dans la forêt...

Observation 2 : 
Les haricots et les lentilles poussent dans le coton...

Observation 3 : 
Dans les mares ou les étangs, il y a des plantes qui poussent sur l’eau.

Hypothèses :

Hypothèse 1 : 
Les plantes ont toujours besoin de terre pour pousser.

Hypothèse 2 :
Certaines plantes n’ont pas besoin de terre.

Hypothèse 3 : 
À certains moments, on n’a pas besoin de terre, à d’autres il en faut.

Recherches :
Les élèves ont déterminé cinq supports de culture dans lesquels ont été introduit deux haricots.
Nous avons utilisé des pots avec :

  • Du terreau ; du sable ; des billes d’argile ; du coton ; avec uniquement de l’eau.

Les substrats ont reçu la même quantité d’eau au départ et en cours de déroulement.
Une visite des serres du jardin botanique du Montet a permis de voir différents environnements dans lesquels des plantes de toutes dimensions prospèrent. Nous avons vu différentes natures sols et même des plantes qui ne nécessitent pas de sols pour pousser.

Conclusions :
Les différentes observations ont mis en évidence que pour les haricots :

  • La terre garde l’eau mieux que le coton
  • Les billes d’argile ne gardent pas l’eau
  • Le sable n’est pas ce qu’il faut (rien n’a poussé)
  • Directement plongés dans l’eau, les haricots ne se développent pas mais pourrissent
  • Dans la terre ; le plant est plus grand, il a plus de racines, il a une tige plus grosse et des feuilles plus grandes et plus nombreuses

La terre est donc plus adaptée à la culture de haricots parce qu’elle :

  • Permet au plant de s’accrocher, donc de se tenir verticale
  • Permet aux racines de trouver de la nourriture,
  • Stocke la "bonne quantité" d’eau

Pour l’enseignant :

Difficultés rencontrées :
  • Pour la programmation dans le planning annuel de la classe, intégration dans le fonctionnement de la classe ou cours de la période,
  • Dans l’élaboration fine du projet (scénario, style de film, rôles des élèves …) dans la gestion du temps (durée de l’expérience),
  • Liées au matériel (adaptation caméscope / ordinateur)
  • Techniques (traitement des images),
  • Mobilisation de beaucoup de temps...

Anecdotes :

Apport de ce projet pour l’enseignement des sciences dans sa classe :
D’une manière générale, les apports vont au-delà de l’enseignement des sciences. Plus que des savoirs, ce sont des savoirs-faire et savoirs-être qui ont été développés. Le film a été un élément "fédérateur" au sein de la classe, qui a libéré la parole, a permis a plus d’élèves de s’exprimer volontairement. La nouveauté a été motrice.
Pour les élèves ce projet a permis :
  • Plus de respect dans la prise de parole et dans l’écoute lors des débats
  • Une meilleure formulation orale, une meilleure argumentation
  • Un intérêt important lors des prises de vue
  • Un surplus d’intérêt général lors des moments collectifs liés au projet
  • Une volonté de bien faire, marquée par peu de réticences à recommencer, à redire
  • Un engagement plus important dans la réflexion, dans la recherche
  • Une meilleure compréhension des liens de causalité
Apports de ce projet pour l’enseignement des TICE et de l’éducation à l’image :
Pour l’instant je ne peux pas me prononcer, les élèves n’ont pas vu le produit fini, nous ne l’avons pas exploité en classe.

Autres remarques (utilisation des ressources mises à disposition par la plate-forme…) :
Merci à Muriel Meunier et aux collègues du CRDP pour les coups de mains en matériel ou assistance téléphonique.
Dommage qu’il y a eu "des flottements", au lancement de l’opération. Ceux-ci ont été préjudiciables aux formations spécifiques.
Dans le doute, l’attente, j’ai différé le début du projet au risque de ne pas pouvoir aboutir. J’ai fini de justesse, un peu dans la précipitation.
Ce fut une expérience très intéressante. Cela demande toutefois, pour quelqu’un de novice, un accompagnement technique et pédagogique qui débute dès le mois de novembre. Cela pour permettre de trouver un thème, de concevoir un projet et surtout de se rassurer sur la faisabilité.